0

Le Red Bull sous les feux des projecteurs

user-pic

red bull
La conquête de l'Hexagone par le Red Bull a commencé début avril, suite à l'autorisation de commercialisation par la ministre de l'économie, Christine Lagarde. En fait, il ne s'agissait pas réellement de Red Bull dans un premier temps mais d'une boisson énergisante, baptisée Bullit, à base de sucre, d'arômes, d'eau gazeuse et contenant 80 mg de caféine, soit à peine plus que la quantité contenue dans un expresso. A tout cela s'ajoute de l'arginine, un acide aminé. Dans le Bullit, point de taurine, cet autre acide aminé qu fait la spécificité du « vrai » Red Bull.

Après 12 ans d'interdiction, puisque la vente du Red Bull était prohibée depuis 1996, on peut finalement trouver en France depuis mai le fameux Red Bull à base de taurine, un acide aminé découvert dans la bile de taureau et produit également par l'organisme humain. La taurine, c'est ce qui fait la renommée de la boisson énergisante parfois appelée « viagra des adolescents » à cause d'une idée reçue qui dit que la taurine est une hormone de taureau. Mais pas du tout ; la taurine est bel et bien un acide aminé, qui permet certes de lutter contre la fatigue cérébrale mais qui n'a pas d'effet notoire sur la libido ou les performances sexuelles de ses consommateurs.

 

Bien que le Red Bull ne produise pas d'effet spectaculaire, la boisson est tout de même devenue culte. Sans doute les nombreuses années d'interdiction en France ont-elles encore augmenté son intérêt et son attrait auprès des consommateurs français. A travers le monde, son succès est tout aussi fulgurant : près de 3,7 milliards de canettes ont été bues en 2007, soit 16,6% de plus que l'année précédente.

Mais le Red Bull n'est pas totalement sans danger. En effet, certains fêtards ont la fâcheuse tendance de le consommer mélangé à des alcools forts, notamment de la vodka. Or le Red Bull a la propriété de donner l'impression d'une plus grande tolérance à l'alcool. En clair, on est moins vite malade mais les réflexes, eux, sont toujours autant diminués et les risques donc toujours aussi grands.

Voilà l'une des premières raisons pour laquelle la ministre de la santé, Roselyne Bachelot, a le Red Bull dans le collimateur.

Mais ce n'est pas tout. En effet, le Red Bull contient environ 1 gramme de taurine. Une quantité importante (500 fois la dose journalière apportée par l'alimentation) qui conduit les médecins à recommander de boire au maximum deux canettes par jour, ce qui s'entend bien sûr sans addition d'alcool. La raison de cette recommandation est due au fait qu'on ne connaît actuellement pas les effets exacts du Red Bull sur l'organisme. Des études tendent à montrer des « effets neuro-comportementaux indésirables » mais la preuve de sa toxicité n'est cependant pas démontrée. Des suspicions de cas de neurotoxicité ainsi que des décès liés à la consommation de Red Bull en Suède et en Irlande planent encore actuellement, mais toujours sans aucune véritable preuve. Une absence de certitudes qui ont permis de mettre le Red Bull en vente également en France, le principe de précaution n'étant pas un argument suffisant pour maintenir l'interdiction.

Mais Roselyne Bachelot, clairement défavorable à la consommation du Red Bull, a mis le produit sous surveillance. Le moindre incident pourrait l'amener à « revenir à tout moment sur les mesures d'autorisation ». Cependant, la ministre de la santé a obtenu que des mises en garde soient apposées sur les canettes. Ainsi, il est désormais mentionné que le Red Bull est déconseillé aux enfants et aux femmes enceintes. Malgré cela, elle reste fermement opposée à la consommation de la boisson énergisante et « conseille aux parents [...] de boycotter le Red Bull ». Il a de toute façon été démontré que la boisson n'avait aucun intérêt nutritionnel.

 

Quoi qu'il en soit, voici une histoire qui finit bien pour le groupe autrichien Red Bull, leader mondial sur le marché de la boisson énergisante et qui va pouvoir étendre un peu plus encore son pouvoir. L'histoire ne finit pas trop mal non plus pour l'état français qui se voit libéré de la plainte déposée par le groupe suite à l'autorisation de commercialisation. Une plainte déposée au tribunal d'instance de Paris fin 2007 et qui réclamait la bagatelle de 300 millions d'euros d'indemnités.

 

0 TrackBacks

Liste des blogs qui font référence à cet article : Le Red Bull sous les feux des projecteurs.

TrackBack pour cet article : http://www.feminup.com/mt/mt-tb.cgi/513

Laisser un commentaire